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dernière mise à jour le 22 avril 2019

 

 
auteur : Claude GOT

Une situation critique

Quatre facteurs de dégradation de la sécurité routière se sont associés :

  • la destruction de la majorité des radars fixes

  • la lenteur de la mise en oeuvre des radars mobiles "sous-traités"

  • la réduction de l'activité des radars mobiles (1 048 710 flashs en 2018, 1 813 222 en 2017)

  • le développement de multiples manipulations de la réalité, par ignorance ou malfaisance.

L'entreprise de destruction de l'abaissement de la vitesse maximale à 80 km/h n'a pas été combattue par les gestionnaires de la sécurité routière au niveau où il fallait le faire et avec des méthodes adaptées. Contester la relation entre la vitesse et l'accidentalité alors que plus d'une centaine d'études ont confirmé les travaux initiaux de Nilsson est inacceptable. Un résumé de l'ONISR et des références concernant ces connaissances sont accessibles en français, ainsi que la méta-analyse d'Elvik.

 J'ai analysé l'émission d"Elise Lucet "envoyé spécial" du 28 février. Deux sujets traités étaient de qualité, alors que celui concernant le 80 exprimait la volonté de dévaloriser cette mesure, en exploitant une masse impressionnante de mensonges et de manipulations des faits.

Une usine de production de documentaires à un rythme soutenu doit avoir un encadrement vigilant. Elise Lucet ne peut pas mettre cette dérive sur le dos des faussaires qui ont produit ce modèle de désinformation. Elle est responsable de ses émissions et ses phrases de présentation du 80 km/h sont sans ambiguïté :

« Les 80 km/h exaspèrent les automobilistes »

« Une contrainte de plus insupportable pour les automobilistes »

« C’en est trop pour les usagers de la route »

« 80 km/h la sortie de route »

En 1 minute 48 secondes elle contribue à la volonté de mettre à mort la décision du Premier ministre.

J'ai rédigé trois propositions pour le grand débat, elles utilisent des argumentations fondées sur la sécurité routière.

  •  La première concerne l'organisation du traitement des propositions. Elle doit éviter la précipitation, notamment dans le cadre de la politique de sécurité routière. La période de 2 années d'application du 80 km/h doit être achevée et ses résultats analysés, avant d'envisager des modifications.

  • La seconde traite des engagements de la France lors de la COP 21. La réduction de l'émission de gaz a effet de serre par le trafic routier doit être de 29% en 2028. Nous sommes dans la quatrième année suivant cet engagement et la consommation de carburant n'a pas diminué.

  • La troisième est une analyse des dysfonctionnements de la politique de sécurité routière au cours des dernières années. Il convient de mettre en évidence les différences entre les erreurs décisionnelles et les erreurs de gestion.

Ces textes complètent mes commentaires du début de l'année.

Une lettre au Président de la République publiée le 20 janvier 2019 par le JDD (accessible au format pdf)

Une tribune le 28 décembre 2018 par Libération 110 km/h sur les autoroutes, une nécessité sous le titre : La réduction de la vitesse, seule méthode efficace pour diminuer les dépenses de carburant.

Le 2 janvier 2018 j'ai publié sur le site un ensemble de  commentaires sur l'ampleur de la désinformation

Le Sénat a créé une commission présidée par Philippe Bas et Hervé Mauret. Une analyse de la réunion de 19 sénateurs avec le délégué interministériel à la sécurité routière le 23 janvier 2018 (pdf-67 pages) a été accessible sur le site le 18 mars 2018. L'analyse du rapport final est en cours d'achèvement.

 Pierre Chasseray a exprimé son savoir faire habituel dans le domaine de la manipulation des faits au cours des derniers mois. Je vais actualiser mes commentaires le concernant.