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Le second Comité interministériel du Gouvernement actuel
s'est tenu le 31 mars 2003. Il s'agissait plus de marquer la volonté d'assurer
le suivi de la politique définie lors du CISR du 18 décembre que d'ajouter de
nouvelles décisions à celles déjà prises.
Communiqué publié à la suite de ce CISR
Commentaires
- L'étude par le Parlement du projet de loi destiné à lutter
contre la violence routière est analysé par ailleurs. Rappeler l'engagement de
mettre en oeuvre 100 systèmes de contrôle automatisés d'ici la fin de l'année
et 1000 au cours des deux années suivantes est utile. Il reste 9 mois pour
tenir le premier engagement.
- La publication rapide des textes réglementaires
sanctionnant par le retrait de deux points le non port de la ceinture ou
l'usage du téléphone portable est également une bonne nouvelle. Plusieurs
centaines de vies peuvent encore être sauvées par le port de la ceinture et
son usage doit être un automatisme dès que l'on prend place dans un véhicule
automobile. L'usage du téléphone portable est incompatible avec la conduite et
l'on peut regretter la tolérance pour l'usage du téléphone "mains libres". Ce
n'est pas le geste de téléphoner qui est dangereux, mais la perte d'attention
et de disponibilité dans les quelques dizaines de secondes qui suivent la
sonnerie d'un appel téléphonique. Laisser imaginer que le téléphone mains
libre est moins dangereux que les autres n'est pas une attitude pédagogique.
- la disponibilité d'un éthylotest dans les véhicules est
une idée ancienne qui mérite discussion. Si vous lisez l'article xx du code de
la route, vous constaterez qu'elle est inscrite dans la règle depuis trente
trois ans. Cependant le texte d'application de cette disposition législative
n'est jamais paru, constituant un bel exemple d'absence de respect de la
volonté du législateur de la part des gouvernements successifs et de
l'administration ! Ce peu d'empressement avait en fait deux motivations :
- le risque d'avoir des éthylotests chimiques (les
ballons) conservés pendant des années dans des conditions de température
défavorables au maintien d'une précision acceptable (il peut faire plus de
quarante degrés dans un véhicule fermé demeurant plusieurs heures au
soleil), l'utilisateur pouvant alors être faussement rassuré par un test
négatif,
- l'observation de taux d'alcoolémie très élevés dans les
accidents de la circulation, faisant douter que les usagers sous l'influence
d'une alcoolisation aussi importante puissent avoir le moindre doute sur le
caractère illégal de leur imprégnation alcoolique.
L'aggravation progressive des sanctions, notamment la
décision récente de retirer six points du permis de conduire pour les usagers
titulaire d'un permis probatoire, donne une importance accrue au risque
encouru par une conduite avec un taux d'alcoolémie dépassant 0,50 g/l ce qui
va dans le sens de l'utilité de la mesure proposée. Cependant j'ai des doutes
sur la qualité de l'information qui sera ainsi donnée aux usagers. Si les
éthylotests électroniques qui existent depuis des décennies, n'ont pas encore
supplantés les archaïques "ballons" dans toutes les unités de
gendarmerie et de police, c'est parce que l'administration exige que les
appareils satisfassent à une norme. En pratique elle correspond à des
appareils dont le coût est proche de 1000 €, et ce n'est pas ce type
d'appareil qui sera acheté par les usagers. Des capteurs bon marchés existent
depuis longtemps, ils sont pratiquement tous fondés sur un composant
électronique au prix de revient très faible mais qui a peu de stabilité dans
le temps. Je n'ai pas connaissance de progrès récents ayant modifié ses
caractéristiques et ses performances. Je suis donc curieux de connaître les
exigences de la norme qui sera appliquée pour ces appareils bon marché et
notamment le contrôle de leur dérive dans le temps. Quelle sera l'attitude
d'un tribunal quand un usager prouvera que son test était négatif avec son
appareil personnel et positif avec celui des gendarmes ou des policiers,
confirmé par l'éthylomètre ? Si la bonne foi de cet usager était prise en
compte, Il serait trop facile de faire subir des traitements "destructeurs" à
un capteur pour être assuré de lui faire produire des résultats négatifs et en
tirer argument. Je suis donc l'instant très sceptique sur l'intérêt et la
faisabilité de cette décision tant que je n'aurais pas lu le texte de la norme
appliquée à ces éthylotests.
- Apprendre tôt le code de la route et avoir un niveau de
connaissance élevé du code ne peut que satisfaire le bon sens. Le problème est
évidemment que ceux qui passent un feu au début du rouge, ne respectent pas un
stop ou les limites de vitesse, n'attachent pas leurs enfants ou commettent
d'autres infractions " accidentogènes", savent parfaitement qu'ils ne
respectent pas le code de la route.
- Donner des compétences aux juges de proximité dans le
domaine de la sécurité routière me semble une très bonne chose, cela permettra
des décisions plus rapides et l'expérience anglaise prouve l'intérêt et la
faisabilité de la mesure.
- Le retard pris pour immatriculer les cyclomoteurs est un
exemple que j'utilise souvent pour affirmer que la sécurité routière n'est pas
une priorité gouvernementale. Avoir annoncé cette décision en novembre 1997
sans avoir été capable de la mettre en oeuvre au cours des quatre années
suivantes avait témoigné du peu d'attention porté à la sécurité routière par
le Gouvernement précédent. Il faudra donc 20 mois de plus au Gouvernement
actuel pour commencer à appliquer la mesure et plusieurs années pour qu'elle
s'applique à tous les cyclomoteurs !
- Bonne chance au Conseil National de la Sécurité Routière
complété et à son nouveau Président Robert Nahmias.
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