l'actualité du début 2020

 

L'épisode : mise en oeuvre de l'impossible

La loi « mobilité » a été votée. Nous entrons dans un nouvel épisode de cette procédure caractérisée par la confusion et l'incohérence. Le succès de la réforme de 2002/2003 a été assuré par la bonne entente des acteurs politiques et la compétence des acteurs administratifs. Nous ne sommes pas dans la même configuration.

Depuis le début 2019 une bonne mesure a été mise en difficulté par les « propos de Bourgtheroulde ». Emmanuel Macron accepte la remise en question de la limitation généralisée à 80 km/h des voies ne séparant pas les sens de circulation. Il propose des décisions «plus intelligentes», «mieux acceptables», «plus efficaces» sans préciser lesquelles.

Nous devons poursuivre la production de données indispensables pour permettre au Premier ministre d’éviter la dégradation de la situation provoquée par le retour de nombreuses voies à 90 km/h.

Un groupe de bénévoles, stimulé par la ligue contre la violence routière a pu :

Ces précisions ont permis de mettre en évidence une notion connue depuis longtemps : une division par 18 en cinquante ans de la mortalité au kilomètre parcouru a profondément modifié les mécanismes de l’accidentalité. Les « points noirs » ont été corrigés, les carrefours dangereux équipés de ronds-points et les accidents se répartissent maintenant de façon aléatoire sur l’ensemble des voies. L'importance du trafic est le facteur dominant, puis la vitesse et enfin l'infrastructure. Cette dernière a fait des progrès considérables, mais la création d'autoroutes, de routes séparant les sens de circulation, les aménagements des accôtements se ralentit. La géographie physique et humaine de notre pays, la réduction des moyens financiers, réduisent les améliorations au niveau de l'infrastructure.  

Les axes à traiter

l’absurdité de l’amendement qui définit la possibilité de remonter la VMA à 90 sur certaines voies

Tous les segments de voies avaient leur niveau de risque avant l’abaissement à 80. Une augmentation de la vitesse accroit l’accidentalité, c’est vrai en dehors de toute notion de qualité des voies. En remontant à 90 la Vitesse Maximale Autorisée (VMA), on accroit l’accidentalité puisque l’on revient à la situation initiale. Il est donc impossible de fonder la décision de remettre la VMA à 90 km/h sur la qualité d'une infrastructure. Cet amendement est une acceptation de l’accroissement du nombre de tués, de handicapés et de blessés sur les routes.