le retour de la désinformation

2 janvier 2018

Tant que les pouvoirs publics et les médias de qualité hésiteront à s'en prendre nommément, avec des argumentaires précis, aux menteurs-manipulateurs, il sera difficile de renouer avec des politiques de sécurité routière efficace.

Parce que je suis un enseignant-chercheur qui développe des connaissances dans le domaine de la sécurité routière et qui en assure la diffusion, je sais qu'il est indispensable de lutter contre les faussaires. Depuis mon implication en 1970 dans la recherche en matière de sécurité routière, un seul des désinformateurs dont j'ai décrit les procédés inacceptables a porté plainte (Airy Routier, à l'époque au Nouvel Observateur). La phrase clé du jugement de relaxe était : "le prévenu pouvait affirmer comme il l'a fait que les erreurs factuelles ou de raisonnement qu'il dénonçait relevaient d'une volonté délibérée de l'auteur de travestir la vérité et de tromper le lecteur". Les responsables de la sécurité routière n'ont pas utilisé ce jugement. Si les dirigeants actuels veulent développer un accord majoritaire sur les décisions qu'ils prendront en janvier prochain, ils doivent s'attaquer aux désinformateurs.

Jacques Chevalier - Le Point - 1er décembre. Le débat public sur les intentions du gouvernement en matière de sécurité routière a été ouvert par un article du journal Le Point. Triste début par un écrit de Jacques Chevalier qui est un spécialiste expérimenté de la désinformation dans le domaine de l'accidentologie. Je lui ai donné une large place dans mon livre "La violence routière - des mensonges qui tuent" , publié en 2008 dans la collection Sciences du risque et du danger, par les Editions Lavoisier. Ce livre décrivait l'ampleur de la désinformation concernant les accidents de la route. Elle ne concerne pas des faits qui sont encore mal précisés par la recherche, mais des "dénis de réalité", tentant de détruire la validité de données indiscutables, publiées dans des revues scientifiques ou des comptes rendus de congrès.

Quelques phrases permettent d'avoir une opinion sur la façon dont Jacques Chevalier envisage la sécurité routière :

Désinformer est une attitude constante de Jacques Chevalier. Elle a accompagné chaque épisode de la lutte contre l'insécurité routière, notamment :

J'ai développé sur ce site une rubrique désinformation. Ce n'est pas une activité prioritaire pour un chercheur, mais elle est cependant indispensable, car les pouvoirs publics n'osent pas s'attaquer de front à la désinformation. Ils ont peur de déplaire aux médias, ce qui est la plus dangereuse des inhibitions dans le domaine de la communication. Cette attitude nuit aux médias de qualité qui évitent le clientélisme consistant à servir à une partie de leurs lecteurs des argumentaires délibéremment faux, mais répondant à leur attente. Le plus triste est de constater que des médias comme Le Point acceptent une forme de mixité associant des informations de qualité à des textes tels que ceux produits par Jacques Chevalier.

 Une des analyses produites après un article de ce journaliste publié dans le Point le 11 mars 2016 a été mise en ligne le 20 mars 2016. Elle est accessible sur ce site avec le lien : Le Point : Jacques Chevalier

Pierre Chasseray. Le Délégué général de 40 millions d'automobilistes occupe une place importante dans la contestation de projets indispensables de sécurité routière. Avec plus d'habileté que Jacques Chevallier, il se place au premier rang de la négation du rôle de la vitesse dans la production et la gravité des accidents de la route. Je développe une page spéciale sur ce site pour décrire ses pratiques de pousse à la mort.