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BAAC : ( Bordereau d’Analyse des Accidents Corporels). C’est le document de base permettant les études épidémiologiques exhaustives des accidents corporels de la circulation en France. Chaque fois qu’un accident ayant provoqué un dommage corporel est signalé à un commissariat de police ou à une brigade de gendarmerie ce document est établi et leur saisie sur des supports informatiques au niveau national permet d’établir les statistiques officielles de l’insécurité routière. Il ne faut pas demander à ce documenter plus que ce qu’il peut apporter, ceux qui l’établissent ne sont pas des spécialistes de l’accidentologie et s’assurer qu’une ceinture était effectivement portée n’est pas une démarche simple. Dans l'expérience du groupe de recherche avec lequel je travaille, et qui utilise cette base de données depuis sa création, les renseignements concernant le lieu de l’accident, ses caractéristiques générales, celles des véhicules et des usagers impliqués sont les plus fiables avec cependant des difficultés liées à l'évolution des méthodes utilisées dans le fichier des cartes grises pour identifier les types de véhicules. Les données concernant les occupants non impliqués (les passagers) sont peu fiables. Certains d’entre eux ne sont pas identifiés, en particulier quand ils sont indemnes et ce biais peut augmenter artificiellement le taux de gravité des accidents. La place dans le véhicule n’est pas toujours facile à identifier, comme le port de la ceinture ou l’usage des dispositifs de retenue des enfants. Les résultats des tests de dépistage de l’imprégnation alcoolique sont disponibles mais ceux des dosages d’alcoolémie sont fréquemment absents (alors que le rapport sur l’alcoolisme de 1981 demandait déjà avec insistance qu’un dénombrement précis des alcoolémies dépassant le taux légal soit assuré). Les comparaisons entre les dénombrements des assureurs et ceux des forces de l’ordre dans les BAAC mettent en évidence des divergences inhérentes au modes de recueil des données. Un cycliste qui fait une chute et se blesse ne sera pas pris en compte par un BAAC si les policiers et les gendarmes ne sont pas appelés, c’est-à-dire dans des chutes bénignes. Un tel accident peut être déclaré à l’assureur si un contrat prévoit une indemnisation en cas d’arrêt de travail ou d’incapacité. Le niveau de gravité des blessures est également mal pris en compte dans ces bordereaux. La durée de l’hospitalisation est le critère principal, une blessure est considérée comme grave quand la durée de l’hospitalisation dépasse 6 jours. Depuis une modification des BAAC intervenu en 1993, une tentative d’identification plus précise de la gravité des blessures repose sur l’AIS*, il sera nécessaire de valider ces résultats par des évaluations précises avant de les utiliser. L’absence de procédure d’évaluation est un des reproches que l’on peut faire à ce recueil statistique. Le tirage au sort d’un certain nombre de bordereaux et leur contrôle a posteriori ne serait pas une manifestation de méfiance vis-à-vis de ceux qui les établissent mais un outil indispensable pour dépister les données peu fiables et tenter d’améliorer leur recueil. Malgré les critiques que l’on peut formuler à l’égard des BAAC, la base de données formées par leur réunion est à la base de l’étude épidémiologique des accidents de la route. 

Biomécanique : C’est la mécanique du vivant. Cette discipline tente de préciser tous les effets mécaniques (efforts, contraintes, pressions etc. subis par des tissus vivants, soit dans leurs conditions de fonctionnement normal, soit quand ils sont soumis à des chocs. Dans ce dernier cas, les blessures surviennent quand les sollicitations mécaniques dépassent les tolérances des tissus et des organes

Blessés : Les statistiques produites par les services publics à partir des BAAC distinguent parmi les personnes impliquées dans un accident des impliqués indemnes et des blessés qui sont classés en deux groupes. Les blessés légers sont ceux dont l’état à provoqué une hospitalisation inférieure à 7 jours et les blessés graves ceux dont l’hospitalisation a été supérieure à 6 jours. Si un blessé est conduit à l’hôpital mais n’est pas hospitalisé, il sera considéré comme un blessé léger. L’incertitude de ces distinctions est double. La durée d’hospitalisation n’est pas un bon critère de gravité d’une blessure, une rupture de la rate est une blessure grave, il n’est pas nécessaire une fois la rate enlevée de rester plus de six jours à l’hôpital, à l’opposé une fracture de jambe peut nécessiter une intervention chirurgicale et une hospitalisation de plus d’une semaine alors que sa gravité est inférieure à la précédente si l’on prend en compte le risque vital. La seconde incertitude concerne les critères qui font qu’une personne se rendra ou non à l’hôpital après une blessure. L’analyse de ce critère sur une longue période montre qu’il a évolué et qu’un nombre de plus en plus grand de blessés ne sont pas dirigés sur un établissement hospitalier, ce qui contribue à réduire le nombre de blessés et surtout à accroître artificiellement la proportion de blessés graves. Il faut également tenir compte d'une autre évolution qui agit en sens inverse,  la durée de séjour dans les établissements de soin se réduit régulièrement pour de multiples raisons. La création du budget global a réduit l'intérêt financier pour les établissements de conserver plus longtemps un blessé hospitalisé. A l'époque de la facturation du séjour à la sécurité sociale en fonction d'un prix de journée conserver quelques jours de plus un blessé pour des convenances personnelles représentait une source de revenus. Il y a également une motivation personnelle à réduire le séjour à l'hôpital au minimum provoquée par l'amélioration des conditions de logement et au développement des soins à domicile. Pour ces raisons, il est préférable de ne pas tenir un grand compte de l’évolution de la gravité des accidents et de considérer que le meilleur indicateur demeure l’évolution du nombre des tués.